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Rencontre sur la Centrafrique – Une initiative du Secours Catholique-Caritas France, avec la contribution de l’IpaP

Le Président de l’IpaP, le Professeur Jean-François AKANDJI-KOMBE, participera ce mardi 7 juillet à la « Rencontre sur la Centrafrique » organisée par le Secours Catholique – CARITAS France. Il présentera la situation du pays en abordant les questions essentielles telles que le Forum de Bangui, le processus politique (élections) le processus constitutant (préparation du référendum constitutionnel) la situation socio-économique, etc..  Cette Rencontre débouchera sur une prise de position sur la situation en RCA.

ANNONCE DE L’ÉVÈNEMENT

Le pôle Afrique et Océan Indien du Secours Catholique – CARITAS France a le plaisir de vous inviter à une réunion d’échanges sur la crise en République Centrafricaine.

MARDI 7 JUILLET 2015

DE 13H30 A 17H30

Au Secours Catholique-Caritas France, 106 rue du bac, Salle Jean RODHAIN

Vous n’êtes probablement pas sans savoir que le SCCF avait déjà organisé deux réunions sous ce format au cours des deux années précédentes. Les rencontres de 2013 et 2014 avaient abouti à la rédaction et publication d’une tribune commune.

Le SCCF se propose donc de renouveler un tel échange en se focalisant sur l’ évolution de la situation centrafricaine et sur les enjeux de la sortie de crise.

ORDRE DU JOUR

13h30 : Accueil autour d’un café

14h00 : Temps d’échanges:

  • Paroles et dernières actualités sur le pays.
  • Tour de table et débat (réflexion, concertation autour de la crise et présentations des projets de chacun en RCA).
  • Discussion sur une tribune commune.
  • Réflexion sur l’organisation d’une seconde rencontre, prévu pour septembre/octobre 2015, ouverte aux structures d’autres confessions, sur le thème du dialogue inter-religieux en Afrique Subsaharienne.

17h30: Fin de la réunion

Le timing de notre réunion sera un peu serré. Nous essaierons d’être vigilants sur les horaires! Merci de  confirmer votre présence à cette rencontre et de faire un retour sur l’ordre du jour à l’adresse indiquée: camille.Iaville@secours-catholigue.org

 

Contributions au Forum de Bangui : La responsabilité de protéger – R2P [fiche technique]

Origines du concept de la responsabilité de protéger

Dès la fin des années 60 et la Guerre du Biafra, les humanitaires – et notamment les French Doctors – commencèrent à revendiquer un “droit d’ingérence humanitaire” en exception à la souveraineté des Etats qui ne protégeraient pas leurs populations. Le concept fut théorisé dans les années 1980, en particulier par le professeur Mario Bettati : une ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat serait ainsi légitime lorsque des violations massives des droits de l’homme y sont constatées.

Malgré quelques tentatives des Nations Unies au début des années 1990 de mieux réagir face à des crises humanitaires graves, notamment en Irak et en Somalie, les atrocités commises au Rwanda et en ex-Yougoslavie et l’inaction de la communauté internationale ont donné lieu à des débats sur la réactivité et l’efficacité du droit international et le concept de droit d’ingérence humanitaire a connu un regain d’intérêt. En 2000, dans son rapport du Millénaire, le Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan, appelle à une réflexion sur le concept de droit d’ingérence. La même année, l’Union Africaine voit le jour et son Acte Constitutif consacre le droit de l’organisation d’intervenir sur le territoire d’un Etat membre « dans certaines, à savoir : les crimes de guerre, le génocide et les crimes contre l’humanité ».

En réponse aux questions posées par Kofi Annan, le gouvernement canadien crée une Commission internationale de l’intervention et de la souveraineté (CIISE). Celle-ci rend en 2001 son rapport intitulé La responsabilité de protéger, une formulation qu’elle préfère à celle auparavant employée de “droit ou devoir d’ingérence” dont les termes suscitaient les crispations des Etats. Selon le rapport, la souveraineté des Etats dispose de deux facettes : le droit de maîtriser ses affaires internes (la souveraineté au sens traditionnel), et la responsabilité de protéger les personnes vivant dans ses frontières qui en est le pendant. Cela constitue une nouvelle conception de la souveraineté des Etats, qui ne serait désormais plus absolue.

Les trois piliers de la responsabilité de protéger

L’Assemblée Générale des Nations Unies a consacré la responsabilité de protéger dans le Document final du Sommet mondial de 2005. Celle-ci y est définie comme comprenant trois piliers :

  • L’Etat a la première responsabilité de protéger ses populations contre le génocide, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le nettoyage ethnique, ainsi que contre les incitations à les commettre ;
  • Il appartient à la communauté internationale d’encourager et aides les Etats à s’acquitter de cette responsabilité ;
  • La responsabilité de protéger incombe à la communauté internationale lorsque l’Etat n’assure manifestement pas la protection de ses populations en mettant en œuvre des moyens diplomatiques, humanitaires, voire à mener une action collective conformément à la Charte des Nations Unies (ce qui inclue les recours à la force armée autorisés par le Conseil de Sécurité en vertu du Chapitre VII).

(…)

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