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Actu : Le Président de l’IpaP, membre du Comité de suivi de l’initiative africaine d’éducation à la paix

Du 26 au 28 mai s’est tenu à Cotonou, au Bénin, le Symposium de lancement de « l’Initiative Africaine d’Education à la Paix et au Développement par le Dialogue Interreligieux et Interculturel.

A été adopté au terme de ce symposium le Manifeste pour l’éducation à la paix et au développement par le dialogue interreligieux et interculturel.

Partie prenante du processus, l’IpaP soutient ce Manifeste et entend contribuer à sa diffusion et à sa mise en oeuvre.

Il le fera notamment, via son Président, au sein du Comité de suivi chargé de veiller à « la mise en œuvre effective des recommandations issues du Symposium, avec l’appui du Gouvernement du Bénin, de la CEDEAO, de l’UA, de l’ONU et des principaux partenaires ».

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LE MANIFESTE POUR L’EDUCATION A LA PAIX ET AU DEVELOPPEMENT PAR LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX ET INTERCULTUREL

Venus d’horizons religieux, spirituels, culturels, sociaux, économiques et politiques divers d’Afrique et du monde, à l’initiative du Centre Panafricain de Prospective Sociale, sur l’invitation du Gouvernement du Bénin, nous, participantes et participants au Symposium de lancement de l’Initiative Africaine d’Education à la Paix et au Développement par le Dialogue Interreligieux et Interculturel, tenu à Cotonou (Bénin), du 26 au 28 mai 2015, sous le haut patronage de l’UNESCO, avec l’appui de l’ONU, de l’UA, de la CEDEAO, de l’UEMOA, du Conseil de l’Entente, de l’OIF, etc., après avoir imploré la bénédiction de Dieu et salué unanimement la mémoire de l’une des grandes personnalités du continent en la personne de Jean PLIYA, après des échanges fructueux sur le thème de ce Symposium et au terme de nos travaux, adoptons le présent manifeste.

  • Unis par la reconnaissance de la dignité de chaque personne humaine consacrée par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ainsi que par les constitutions nationales et reconnue par toutes les religions et cultures en tant que patrimoine commun des sagesses de l’humanité ;
  • Considérant que la paix, la sécurité, le développement et les droits de l’homme sont intimement liés et se renforcent mutuellement ;
  • Conscients qu’opposer la violence des armes à la violence et à la terreur répandues par les tenants de l’extrémisme politique et religieux, quoique légitime, ne saurait pour autant constituer une réponse efficace et durable, étant donnée l’impossibilité de placer un soldat derrière chaque citoyen pour garantir sa sécurité ;
  • Convaincus que l’éducation à la paix et au développement à travers le dialogue interreligieux et interculturel peut grandement contribuer à renforcer les fondements d’une paix viable et d’un développement équitable ;
  • Convaincus que l’absence de guerre est une précondition primordiale du bien-être et du développement durable ainsi que de la réalisation effective des droits de l’homme ;
  • Rejetant le recours à toute forme de violence et soulignant que seules des solutions économiques, politiques et socio-culturelles pacifiques peuvent assurer un avenir stable et démocratique à tous les peuples du monde ;
  • Soulignant la nécessité de renforcer la bonne gouvernance et de bâtir des sociétés plus inclusives et plus ouvertes ;
  • Soucieux de contribuer à la concrétisation de la vision de l’Union africaine, qui est de « bâtir une Afrique intégrée, prospère et en paix, dirigée par ses citoyens et constituant une force dynamique sur la scène internationale » ;
  • Attachés à la diversité culturelle, source d’enrichissement des peuples et des nations, conformément à la « Convention de l’UNESCO pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » et à la Charte de la Renaissance culturelle africaine dans laquelle les Etats africains reconnaissent la diversité culturelle comme facteur d’enrichissement mutuel des peuples et des nations ;
  • Reconnaissant que la cohabitation pacifique entre les différentes communautés religieuses et culturelles est un bien inestimable pour la paix et pour le développement harmonieux des peuples, le développement étant l’autre nom de la paix ;
  • Nous appuyant sur l’affirmation solennelle du préambule de l’Acte constitutif de l’UNESCO au terme duquel « les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix », et sur les conclusions du Forum panafricain organisé à Luanda (Angola) du 25 au 28 mars 2013 par l’UNESCO sur le thème « Sources et ressources pour une culture de la paix » ;
  • Exprimant notre haute appréciation du travail des « Conseils interreligieux », du « Conseil Africain des Responsables Religieux pour la Paix », de l’initiative du forum de l’Union africaine sur le dialogue interreligieux et de celle de l’Alliance des Civilisations de l’ONU ;
  • Proclamons que le respect de la dignité d’autrui, de sa religion et de ses convictions philosophiques, ainsi que l’échange et la rencontre sont les fondements véritables du dialogue interreligieux et interculturel ;
  • Soulignons que le chemin du dialogue interreligieux et interculturel doit être bâti sur les valeurs de respect mutuel, d’échange et de rencontre, prérequis non négociables du « vivre ensemble», consistant en un « commun vouloir de vie commune » dans la diversité notamment des religions, des spiritualités, des cultures, et des orientations politiques et sociales, à l’instar des pratiques pluralistes, résilientes et pacifiques observées sur le Continent africain et dans sa diaspora ;
  • Soulignons l’importance capitale du droit au progrès scientifique, du droit au développement réciproque et solidaire, de l’éducation à la paix comme instrument propre à favoriser la réalisation du droit des peuples à la paix et encourageons les États et les organisations intergouvernementales et non gouvernementales à participer activement à cet effort ;
  • Proposons, comme alternative au recours à la force, de promouvoir l’éducation à la paix et au développement par le dialogue interreligieux et interculturel, dès la cellule familiale en impliquant davantage les femmes et les jeunes ;
  • Condamnons les fauteurs de guerre et les marchands d’armes ainsi que toute forme de domination, d’exclusion, de discrimination religieuse, spirituelle, culturelle, politique ou sociale qui, sous le prétexte fallacieux de défense de la liberté ou de la religion, tentent de s’imposer par la force, engendrant des injustices parfois accoucheuses de désespoirs et d’extrémismes violents ;
  • Appelons à une meilleure gouvernance des Technologies de l’Information et de la Communication et des réseaux sociaux, afin qu’ils soient des instruments de rapprochement entre les peuples et que leur usage, de même que la presse, contribuent à la sensibilisation et à l’éducation des populations, en particulier des jeunes, dans ce domaine sensible ;
  • Préconisons avec insistance l’élaboration et l’application d’une politique nationale de « LA PAIX PAR LE DIALOGUE POUR AGIR ENSEMBLE » en concevant, planifiant et gérant des projets de développement impliquant largement les sensibilités religieuses et culturelles à tous les niveaux ;
  • Recommandons fortement la mise en place d’un réseau continental de parlementaires africains, y compris les femmes parlementaires, pour « la paix par le dialogue interreligieux et interculturel » avec pour mission, entre autres, de veiller à ce que la loi des finances de chaque Etat prévoie de manière permanente des ressources consistantes pour soutenir les opérations de développement conçues et réalisées conjointement dans le cadre d’un dialogue interreligieux et interculturel actif ;
  • Proposons la mise en place d’un réseau de femmes africaines pour l’éducation à la paix et au développement par le dialogue interreligieux et interculturel ;
  • Lançons un appel à tous les Etats pour qu’ils intègrent l’éducation à la paix et au développement par le dialogue interreligieux et interculturel dans tous les programmes d’éducation et de formation formelles et non formelles ;
  • Exhortons toutes les organisations internationales et africaines à intégrer l’éducation à la paix et au développement par le dialogue interreligieux et interculturel dans leurs programmes et activités de prévention, de gestion et de règlement des conflits, en veillant à y intégrer les dimensions genre et jeune ;
  • Recommandons la mise en place de Conseils interreligieux composés de femmes, d’hommes et de jeunes à l’échelle de tous les pays du Continent et de la diaspora ;
  • Décidons de mettre en place, en vue de la mise en œuvre effective des recommandations issues du Symposium, un mécanisme de suivi, avec l’appui du Gouvernement du Bénin, de la CEDEAO, de l’UA, de l’ONU et des principaux partenaires résolus à soutenir concrètement « l’Initiative Africaine d’Education à la Paix et au Développement par le Dialogue Interreligieux et interculturel ».

 

Fait à Cotonou, le 28 mai 2015,

 

   LE SYMPOSIUM

 

Action pour la paix

Oeuvrer par tous les moyens au rétablissement de la paix et contribuer à créer les conditions d’une paix durable : voilà des exigences essentielles pour l’Afrique de demain. Il y a là aussi des missions prioritaires pour l’IpaP.

L’IpaP a, en effet, vocation à oeuvrer à la réalisation de ces objectifs, à travers des projets qui s’adaptent aux contextes locaux et nationaux et qui font participer les acteurs nationaux autant qu’africains et internationaux.

L’IpaP a choisi, pour entamer son action au service de la paix, de se focaliser sur la République centrafricaine et, s’agissant des actions susceptibles d’y être menées, de s’atteler à l’élaboration d’un Manuel d’éducation à la paix pour la jeunesse.

D’autres projets ne manqueront pas de suivre.

L’identité collective par la mémoire

Les enjeux de la mémoire sont au coeur des raisons d’agir de l’IpaP. Avec une priorité pour la mémoire collective : celle qui tisse le lien entre les personnes en les unissant par un passé partagé ; celle qui nous rappelle d’où nous sommes, ce que nous sommes, l’héritage de valeurs qui nous a été transmis.

Le défaut de cette mémoire, prise dans tous les registres qu’elle recouvre (récits de toutes sortes, musique, danses…), la méconnaissance ou l’ignorance des liens et valeurs qu’elle transporte, ne sont sans doute pas étrangers à bien des errements sur le continent, à bien d’errances individuelles, et même à nombre de violences collectives.

Les fondateurs de l’IpaP sont conscients de ce que ce défaut de mémoire n’a pas la même intensité partout. Il est des pays ou des sous régions où la mémoire véhiculée par la tradition orale est restée vivace grâce à sa transcription par écrit, dans des manuels d’histoire, des romans, des ouvrages de contes ou de poésie, etc; ou à travers des documents audio-visuels. Mais il est d’autres pays où ce type de processus est resté embryonnaire.

C’est le cas de la Centrafrique. Raison pour laquelle le premier projet de l’IpaP porte sur ce pays.

D’autres projets viendront qui prolongeront cette initiative vers d’autres pays africains.

Université des Gens – Espace citoyen

Cette ligne action aurait pu s’appeler « Université populaire » car elle procède, au moins en partie, du même esprit. Nous y avons renoncé. Nous avons aussi exclu de l’appeler « Université du peuple », parce que le terme est à certains égards connoté, mais aussi parce qu’il nous importe de mettre en valeur les individus et les groupes, des groupes où l’individualité humaine et citoyenne a place pour s’exprimer.

L’Université des gens est la manière dont l’IpaP entend participer à créer sur le continent africain des espaces non formels pour la transmission du savoir, mais aussi pour apprendre et vivre la citoyenneté dans toutes ses dimensions : politique, sociale et économique.

Cette initiative aura pour point de départ la Centrafrique : Université centrafricaine des Gens.

R-IpaP – Les Rencontres de l’IpaP

Les Rencontres de l’IpaP sont conçues d’abord comme des occasions de rencontre scientifique autour des enjeux africains. Rencontres scientifiques dans une démarche pluridisciplinaire, voire transdisciplinaire, réunissant les spécialistes de diverses disciplines en provenance de différents pays.

Ces Rencontres ambitionnent aussi de servir à la découverte des pays réels où elles se déroulent. Aussi pourront-elles donner lieu à différentes manifestations culturelles.

Comme première déclinaison des R-IpaP, seront mises en place dès 2015 les Rencontres internationales de Bangui.